Minotaure

Le Minotaure aux tétons saillants et longs, le muscle épais en sueur musquée : fleur/huile de vidange/excrément. Dans cette position où l’on ne voit pas le visage, les secousses, les grondements et les parfums prennent tous les sens. Ses bras autoritaires maintiennent mes hanches sans faille et soulève mon menton vers le ciel, en tyran. Ses deux mains plaquées contre mes joues m’enserrent et jamais ne me permettent de pencher la tête, de voir son visage. Tournée vers le plafond, la bouche écartée par son poing et les narines béantes, les effluves interminables de l’étreinte envahissent l’espace entre ses paumes rugueuses et brûlantes. La sueur des toisons et des monts d’amour.

Ce petit carré de plafond, je l’ai vu pendant des heures et de longues secondes, il a pris toutes les couleurs dans mon œil. Le Minotaure bloque plus encore ma colonne vertébrale, il délie mon sacrum affolé, il vrombit et tremble et pousse le cri terrible d’une moto dans la nuit, le plafond s’ouvre en mille et le soleil sans filtre aucun m’éclabousse et m’inonde.